forte opposition contre le projet d’Instagram pour les moins de 13 ans

L’âge minimum pour avoir un compte Instagram est de 13 ans. Cependant, pour que les enfants puissent bénéficier d’une utilisation du réseau tout en préservant leur sécurité, le réseau social, propriété de Facebook, envisage de lancer une version pour les mineurs. L’association “Campaign for a commercial-free childhood” (CCFC) s’oppose clairement à ce projet et alerte des conséquences d’une telle plateforme sur la santé des enfants: « Lancer une version d’Instagram pour les enfants de moins de 13 ans n’est pas le bon remède et mettrait les jeunes utilisateurs en grand danger ».

Les enfants ont besoin de temps pour jouer, par pour Instagram

CCFC, qui dirige une puissante coalition internationale de 100 experts, défenseurs et organisations (nord-américaines, européennes, africaines et australiennes) appelle Facebook à abandonner son projet de création d’une version d’Instagram pour les enfants. Aujourd’hui plus que jamais, soutiennent les experts, les enfants ont vraiment besoin de temps pour jouer, apprendre et socialiser loin des appareils numériques, et non d’une application qui “se concentre sans cesse sur l’image de marque, l’apparence et l’auto-présentation”.

Les réseaux sociaux pour enfants, une mauvaise idée pour les maladies physiques et le développement de la confiance en soi

Un nombre croissant de recherches démontre qu’une utilisation excessive des appareils numériques et des médias sociaux est préjudiciable aux adolescents. Les conséquences néfastes sont nombreuses, au niveau de la santé physique et mentale. Une utilisation excessive des reseaux sociaux est liée à un taux d’obésité plus important, à un bien-être psychologique plus faible, à une diminution de la sensation de bonheur, à une diminution de la qualité du sommeil, à un risque accru de dépression et de troubles alimentaires et à une augmentation des idees liées au suicide, expliquent les experts dans leur lettre.

La Royal Society for Public Health a classé Instagram comme la plateforme la plus dangereuse pour la santé mentale des jeunes, car elle encourage les utilisateurs à télécharger des vidéos et des photos pour recevoir des likes et des commentaires d’autres utilisateurs. Cela peut conduire les jeunes à vérifier de manière obsessionnelle sur Instagram les réactions à leurs publications.

Les filtres aussi ajoutent de la nocivité à ce cocktail. Utilisés pour présenter une version idéalisée de soi-même, ils poussent les enfants et les adolescents (en particulier les jeunes filles) à rechercher des photos d’eux-mêmes trop sexualisées et très éditées qui attirent l’attention sur la plate-forme, et augmentent leur popularité parmi leurs pairs.

La lettre ouverte à Instagram explique ainsi comment les réseaux sociaux et Instagram en particulier, exploitent la peur des jeunes de passer à côté de quelque chose, et leur recherche de l’approbation de leurs pairs, pour encourager les enfants et les adolescents à vérifier constamment leurs appareils et à partager des photos avec leurs abonnés. 

Fidéliser les utilisateurs dès l’enfance

Pour l’association, Facebook souhaite lancer cette version infantile de la plateforme non seulement pour collecter de précieuses données familiales sans se soucier de la santé des enfants, mais aussi pour fidéliser une nouvelle génération d’utilisateurs d’Instagram qui seront adeptes dès leur plus jeune âge.

Facebook aurait déjà commencé à explorer une version d’Instagram pour enfants

Une porte -parole de Facebook a confirmé auprès de l’AFP que les explorations pour lancer une version d’Instagram pour les adolescents les plus jeunes et sans publicité vient de commencer. Pour garantir le respect de la vie privée, Facebook affirme consulter des experts, qui donnent des conseils pour respecter le développement de l’enfant, sa sécurité et sa santé mentale.

Instagram a déjà été dans le viseur de la protection des mineurs concernant les pratiques de gestion des données personnelles des utilisateurs mineurs. Les adresses e-mail et numéros de téléphone des moins de 18 ans étaient trop facilement accessibles publiquement, ce qui a été réglé par la suite.