« Ariane va faire ce qu’elle fait avec excellence depuis des années »

INTERVIEW

C’est le jour J pour Quantum. Le premier satellite commercial « flexible » qui pourra être reprogrammé en orbite, sera lancé vendredi soir de Kourou, en Guyane, par une fusée Ariane 5. Invité d’Europe soir, Stéphane Israël, le président exécutif d’Arianespace, a expliqué plus en détails les enjeux d’un tel lancement.

« Une Ariane très internationale »

Cela va faire près d’un an que la fusée Ariane 5 n’a pas décollé, d’où une grande hâte pour l’ensemble des acteurs impliqués dans le lancement. « Les lancements sont toujours le résultat de beaucoup d’opérations compliquées », explique Stéphane Israël, évoquant l’implication de milliers d’ingénieurs en France, et dans toute l’Europe.

Avant 18 h, il faudra donc s’assurer de trois derniers paramètres : que la fusée est prête, que les satellites sont prêts, et que la météo permette le décollage. « On va contrôler tout ça et nous l’espérons, à 18 h, Ariane pourra s’élancer dans le ciel de Guyane ».

Take a look at what is going to happen tonight!

Our passengers: ️Star One D2 and ️EUTELSAT QUANTUM.

️See you in a few hours! pic.twitter.com/uF5RXbY7SB

— Arianespace (@Arianespace) July 30, 2021

À l’occasion de ce lancement, « Ariane va faire ce qu’elle fait avec excellence depuis des années », explique Stéphane Israël. La fusée va en effet placer deux satellites de télécommunications. « Comme Ariane est très puissante, quand elle lance, elle lance pour deux clients différents », développe le président exécutif d’Arianespace. En effet, aux côtés du satellite Quantum, construit par Airbus avec le soutien de l’Agence spatiale européenne (ESA), Ariane lancera également un satellite construit par les Américains pour le compte d’un client brésilien. « C’est donc une Ariane très internationale » qui s’élèvera au-dessus de Kourou.

Quantum, reconfigurable depuis le sol

Le satellite européen à son bord est un événement à lui seul. Particulièrement intelligent et versatile, Quantum « pourra être reconfiguré du sol grâce à un certain nombre d’innovations », explique Stéphane Israël, évoquant une antenne active et un logiciel paramétrable, qui permettront de changer la nature et la destination de la mission depuis le sol. « Si à un moment donné, il y a une crise ou une catastrophe naturelle et que l’on a besoin d’avoir accès à des télécommunications sur ce théâtre d’opérations, on va pouvoir, depuis le sol, changer la mission du satellite. »