une mise sous tutelle abusive ?

Sous la tutelle de son père Jamie Spears depuis treize ans, la star de la pop Britney Spears vient d’obtenir une première victoire dans son combat pour recouvrer son autonomie. La justice vient de l’autoriser à choisir elle-même son avocat.

Une première victoire

C’est une petite victoire, mais une victoire quand même. Elle qui se bat pour pouvoir retrouver le contrôle de sa vie privée, de sa carrière et de ses finances depuis sa mise sous tutelle en 2008 a enfin été autorisée, mercredi 14 juillet, à choisir elle-même l’avocat pour la défendre face à son père, Jamie Spears, qui gère sa tutelle. Elle n’avait pas été en mesure de le faire jusqu’ici. L’interprète de « Toxic » et de « …Baby One More Time » a immédiatement annoncé qu’elle nommait Mathew Rosengart pour la représenter. Avocat d’autres stars américaines comme Sean Penn ou Steven Spielberg, ce dernier a annoncé qu’il prévoyait de dépose « dès que possible » une requête pour que Jamie Spears ne puisse plus contrôler les biens de sa fille. De son côté, Britney Spears a remercié ses fans sur Instagram pour leur soutien. « On avance les gars… On avance » a-t-elle écrit.

Une tutelle très contestée

C’est en 2008, à la suite d’une série de dérapages très médiatisés qui avaient abouti à l’hospitalisation de Britney Spears, que ce régime de tutelle lui été imposé. Administrée principalement par son père, avec qui elle entretient depuis des années des relations houleuses, cette tutelle est vivement contestée par la star de la pop, aujourd’hui âgée de 39 ans. Soutenue par ses fans, qui ont lancé le mouvement #FreeBritney, elle s’était à nouveau rendue devant la justice fin juin pour demander la levée de la tutelle, et avait livré un témoignage bouleversant.

Se disant « traumatisée » et « déprimée », Britney Spears avait, vingt minutes durant, parlé de manière ininterrompue pour demander à la juge Brenda Penny de lever cette tutelle « abusive ». Elle a notamment déclaré ne pouvoir prendre aucune décision concernant ses finances et ses amitiés, et être empêché de faire retirer son stérilet alors qu’elle souhaite avoir d’autres enfants. « Je ne suis pas heureuse, je ne peux pas dormir. Je suis tellement en colère », avait-elle déclaré, avant de préciser qu’elle « pleurait tous les jours ». Elle avait été déboutée de sa demande.

Dans le New Yorker, Jonathan Martinis, juriste spécialisé dans le droit des handicapés dénonce le système de tutelle américain. Extrêmement restrictif, il interdit à celles et ceux qui en font l’objet de choisir leur avocat pour s’en libérer. « Si on avait retrouvé Britney dans la rue avec une hache et une tête décapitée à la main, elle aurait eu le droit à un avocat. Sous tutelle, vous avez moins de droit qu’un tueur à la hache » a-t-il déclaré.

Plus de concert jusqu’à la fin de la tutelle

Aussi, l’autorisation accordée à Britney Spears de choisir elle-même l’avocat qui la représente est un tournant. Lundi 19 juillet, Mathew Rosengart a annoncé entreprendre des démarches « agressives et rapides » pour que le père de la chanteuse n’ait plus de contrôle sur les biens de sa fille. « Mon cabinet et moi-même travaillons de manière agressive et rapide afin de déposer une requête visant à démettre Jamie Spears (de ses fonctions), à moins qu’il ne démissionne d’abord », a assuré l’avocat, qui a aussi lancé à l’AFP. « Pourquoi M. Spears ne se retire-t-il pas ? Il n’a plus rien à faire dans cette tutelle. »

De son côté, Britney Spears a annoncé samedi sur son compte Instagram qu’elle ne se produirait plus sur scène tant que son père gère « ce qu’elle porte, dit, fait ou pense ». « Cette tutelle a tué mes rêves… Alors tout ce que j’ai c’est l’espoir, et l’espoir est la seule chose dans ce monde qui est très difficile à tuer. » La prochaine audience est prévue le 29 septembre à Los Angeles.