« Une situation qui est largement irréversible »

Romain David
14h33, le 03 juillet 2021, modifié à
14h39, le 03 juillet 2021

Invité samedi d’Europe Midi, le climatologue Hervé Le Treut dresse un constat inquiétant sur le réchauffement climatique, largement « irréversible » selon lui. Il alerte notamment sur la nécessité de préparer les générations futures à affronter des situations toujours plus critiques.ANALYSE

Une vingtaine de disparus dans une coulée de boue due à des pluies torrentielles au Japon, des températures dantesques enregistrées dans l’ouest du Canada, prisonnier d’un dôme de chaleur, ou ce record de chaleur enregistré sur le continent Antarctique… Tout indique que le dérèglement climatique s’accélère. « Il y a une situation qui est largement irréversible, et même plus qu’irréversible, qui se développe », alerte au micro d’Europe 1 le climatologue Hervé Le Treut, samedi.

« Tant que l’on n’aura pas atteint ce qu’on appelle la neutralité carbone, c’est-à-dire d’être à zéro émission de gaz à effet de serre, on sera dans une situation où les choses iront toujours en empirant », déplore l’expert. Il pointe notamment de grandes disparités à l’échelle du globe : « Il y a des espaces qui sont très, très différents. La situation n’est pas la même pour des gens qui viennent de la zone intertropicale où il y a vraiment des butoirs, et d’autres régions où l’on a un peu les moyens de jouer avec le climat. » 

Éduquer la jeune génération

Le transport, l’habitat, les activités industrielles et agricoles… Autant de secteurs pour lesquels il convient d’accélérer la transition énergétique, selon Hervé Le Treut, afin de réduire l’impact des activités humaines sur le climat.

Il insiste également sur la nécessité de sensibiliser la jeune génération, qui risque fort de se retrouver confrontée à des situations climatiques encore plus dramatiques que celles que nous connaissons. « Ce qui est très important aujourd’hui, c’est l’éducation. Nous devons préparer cela. On doit avoir une génération de gens qui soient capables de prendre des mesures dans un futur qu’on ne connaît pas bien aujourd’hui », martèle notre climatologue. « On ne sait pas exactement ce qui va se passer. Il faut que les gens soient debout, capables de prendre les bonnes décisions au bon moment. Ça, c’est une affaire d’éducation. »