et si l’hivernage artificiel était la solution ?

Benjamin Peter, à Latrape (Haute-Garonne), édité par Manon Fossat
16h15, le 17 août 2021

La disparition des abeilles, et plus largement des pollinisateurs, est une catastrophe planétaire. La faute à plusieurs facteurs, dont le réchauffement climatique. C’est en tout cas l’avis de Xavier Dumont, apiculteur en Haute-Garonne, qui a tenté l’expérience de faire hiverner ses ruches. Et c’est peu dire que les résultats obtenus sont surprenants.REPORTAGE

Et si les hivers trop doux expliquaient la disparition des abeilles ? C’est en tout cas la théorie d’un apiculteur de Latrape, en Haute-Garonne, qui a fait hiverner ses ruches une bonne partie de cet hiver. Et le résultat est surprenant : les abeilles n’ont jamais été aussi vigoureuses et la récolte de miel n’a jamais atteint ce niveau. C’est l’année dernière que Xavier Dumont a eu le déclic. Lui qui il y a quarante ans, lorsqu’il a débuté l’apiculture, n’avait aucun problème de mortalité de ses abeilles, a perdu ses trois ruches pendant l’hiver.

Si les pesticides ont une responsabilité dans ce constat, ce ne sont pas les seuls responsables. Pour lui, le réchauffement climatique serait également en cause. C’est la raison pour laquelle il a décidé de tenter une expérience un peu particulière. « Je ne comprenais pas pourquoi on avait des colonies qui mouraient, alors qu’il y a 40 ans elles ne seraient jamais mortes. Donc ça a fait ’tilt’ et je me suis dit que les hivers étaient trop doux », explique-t-il. Xavier Dumont s’est donc mis à l’hivernage artificiel, comme les Canadiens. « Eux mettent leurs ruches en cave pour ne pas qu’elles meurent de froid. Moi, c’est justement pour qu’elles n’aient pas trop chaud », a poursuivi l’apiculteur.

70 jours d’hivernation

À la cave, dans le noir, les abeilles ont hiverné 70 jours, jusqu’à fin janvier. Xavier Dumont leur a rendu visite de temps en temps et a constaté une mortalité très faible. Et au moment du printemps, lorsque ce dernier les a ressorties, les colonies étaient en pleine forme et la récolte de miel qui a suivi a été exceptionnelle. « Elles sont reparties du feu de Dieu. Elles étaient d’une vigueur et d’une vitalité extraordinaires. Je n’ai jamais fait autant par ruche. Ma moyenne est d’environ 12 à 20 kilos par an, et là j’ai fait 60 kilos. Ça a dépassé mes espérances », se réjouit-il.

Désormais, ce scientifique de formation veut valider son hypothèse. Il appelle donc d’autres apiculteurs à reproduire cette expérience à l’automne prochain et a donc créé un site pour permettre à ses homologues de rejoindre son protocole expérimental. Une façon de confirmer ou non les bienfaits de l’hivernage des abeilles.