les prix des carburants atteignent des sommets

La reprise économique tire vers le haut la facture du plein d’essence. Une situation sur laquelle l’exécutif assure garder un œil attentif.

La hausse se poursuit, et les automobilistes la ressentent de plein fouet. Depuis plusieurs mois, la reprise économique s’accompagne d’une inflation des prix des carburants, qui atteignent désormais des sommets. L’exécutif assure regarder la situation de près.

D’après les données du ministère de la Transition écologique, les prix des carburants routiers tournent autour des niveaux observés lors de la crise des «gilets jaunes». Fin octobre 2018, le litre de gazole était, toutes taxes comprises, à 1,51 euro, contre 1,44 euro au 10 septembre 2021. Les prix du litre de sans-plomb 98 et sans plomb 95 sont quant à eux plus élevés ce mois-ci qu’en 2018, s’affichant respectivement à 1,64 et 1,58 euro au litre. Le sans-plomb 95 E10 s’établit de son côté à près d’1,56 euro le litre, son niveau le plus haut depuis mai 2019.

La hausse est notable : depuis le début de l’année, le prix du litre de SP 98 a bondi de 15%, de même que celui de SP95 E10. Le litre de gazole a quant à lui augmenté de 12,5% en neuf mois.

La hausse s’explique surtout par la forte demande engendrée par la reprise économique, qui tend la situation sur les marchés mondiaux. Car si la fiscalité pèse pour environ 60% du prix total des carburants en France, les 40% restant viennent de la matière première – le pétrole brut – et les coûts liés à sa transformation et distribution. Or, le cours du baril de Brent a fortement progressé depuis début 2020 : après une chute vertigineuse de 67,12 dollars fin 2019, à 18,38 dollars, en avril 2020, au plus fort de la crise sanitaire, le baril a repris de la valeur, atteignant 75,17 dollars en juillet dernier.

La hausse des prix à la pompe, continue durant l’été, participe d’une inflation généralisée, relevée par l’Insee ce mercredi matin. En août, sur un an, «les prix des produits pétroliers augmentent (+16,9% après +16,5%»), relevaient les statisticiens nationaux. Dans certaines stations, le prix est particulièrement élevé, tutoyant les deux euros le litre, comme l’ont relevé nos confrères du Parisien .

Le gouvernement sur le qui-vive

Le sujet est scruté de près par le gouvernement, qui garde un souvenir cuisant des manifestations de fin 2018, déclenchées par le prix record d’un plein de carburant. «Il y a eu une inflation très forte, cet été, qui a notamment été tirée par une augmentation des prix des matières premières et des prix de l’énergie», a commenté le porte-parole du gouvernement, à la sortie du conseil des ministres.

L’entourage de la ministre de la Transition écologique promettait récemment au Figaro que l’exécutif resterait «très vigilant, dans les prochaines semaines, à l’évolution des prix à la consommation par rapport aux évolutions des cours du pétrole». Bercy estime de son côté que la hausse n’est qu’un effet attendu et normal de la reprise de l’activité mondiale : «c’est plutôt bon signe, l’économie repart», commentait cette semaine l’entourage de Bruno Le Maire au Parisien.

Le gouvernement et son porte-parole mettent régulièrement en avant les annonces pour protéger le pouvoir d’achat des Français depuis le début de la crise sanitaire. Reste que la hausse des prix de l’énergie – dont le gaz – pèse sur le portefeuille des ménages. Une lueur d’espoir cependant : citant son collègue de Bercy, Bruno Le Maire, Gabriel Attal a dit espérer une «stabilisation» des prix de l’énergie dans les mois à venir. Une analyse partagée par Alberto Balboni pour le plein d’essence : interrogé dans nos colonnes, l’économiste chez Xerfi estimait que «les prix des carburants devraient se stabiliser, voire reculer très légèrement, d’ici la fin de cette année». La hausse devrait donc bien finir par s’interrompre. Le baril de Brent a d’ailleurs légèrement décru en août, restant à un niveau comparable à mai 2019.