On a testé les trottinettes bridées à 10 km heure dans Paris

REPORTAGE – Nous nous sommes rendus du Palais Royal à l’Arc de Triomphe en trottinette électrique. Le voyage n’était pas désagréable, mais nous prendrons plutôt le métro la prochaine fois.

Finis les 20 kilomètres/heure. Soucieux de restaurer la bonne cohabitation entre usagers et piétons, les opérateurs de trottinettes électriques en libre-service Dott, Tier et Lime ont décidé de reprogrammer leurs trottinettes pour les empêcher de rouler au-dessus de 10 km/heure dans près de 700 zones de la capitale. De quoi brider aussi tout plaisir, voire tuer l’engouement pour ces engins ? On a voulu tester ces trottinettes «diminuées», sur un itinéraire choisi arbitrairement.

Faux départ

11h 20. Départ du Palais Royal. Comme à l’accoutumée, on trouve une trottinette électrique immédiatement. Il semble même y en avoir un peu plus qu’à l’ordinaire. La limitation à 10 km/heure en a-t-elle déjà dissuadé plus d’un ? C’est ce que nous allons voir. L’application nous demande comme d’habitude de scanner le QR code de la trottinette – celle que nous avons prise est exploitée par l’opérateur Dott – pour la déverrouiller. Mais petite nouveauté : le plan disponible dans l’application indique maintenant différentes zones à vitesse réduite. Les abords du Louvre et le jardin des Tuileries, première partie de notre itinéraire, en font partie. Pour profiter des quelques minutes de liberté qui nous sont offertes avant d’entrer dans la «slow zone», on décide de commencer à fond, c’est-à-dire à 20 km heure. Arrivé à la hauteur de l’Arc du Carrousel – l’écran de la trottinette indiquait alors 19 km/heure -, l’engin freine tout seul, passant progressivement à une vitesse de 11 kilomètres heure, qu’il maintiendra un bref instant avant de plafonner à 10 kilomètres heure. La décélération se fait tout en douceur, une bonne chose tant on avait peur de se retrouver projeté de la trottinette à la suite d’un freinage trop brutal. La suite de la traversée des jardins se fait à cette nouvelle vitesse maximale autorisée. C’est lent et plusieurs joggeurs nous font l’affront de nous doubler.

L’Echappée

11h 30, arrivée à la Concorde et sortie de la «slow zone». On aimerait lâcher les chevaux pour mieux oublier la phase «Tuileries» mais la circulation ne s’y prête pas. Tant pis, on prend sur nous, espérant pouvoir se «venger» dans le tronçon suivant. Mais dans les jardins qui longent l’avenue Georges Clemenceau, rebelote, la trottinette plafonne sous les 10 km/h. Heureusement, les trottoirs de l’avenue ne sont, eux, pas concernés. Nous en profitons en allant à fond. C’est jubilatoire, surtout après s’être vu imposer une allure à peine plus rapide que la marche.

Passé le rond-point des Champs-Élysées, on décide de changer de monture, pour vérifier que tous les opérateurs se sont donné les mêmes contraintes. Deux minutes plus tard, nous voilà sur des Lime pour la suite de notre trajet. La remontée des Champs-Élysées se fait à belle allure, dans un sprint final façon Tour de France. On slalome entre les touristes et on se paye même le luxe de doubler deux autres trottinettes. Grisant.

À 11h40, c’est l’arrivée à l’Arc de Triomphe. Vingt minutes de trajet, pour un peu plus de trois euros, contre douze minutes en métro, pour un peu moins de deux euros. Comparées à un trajet souterrain, les vues étaient évidemment sublimes. Pour le reste, on laissera aux lecteurs le soin de juger du meilleur moyen de transport.

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