Offrir un cadeau d’occasion à Noël ? Oui, mais pas à n’importe qui !

Si la jeune génération est plus ouverte à la récup, mieux vaut prendre quelques précautions avant de suivre cette tendance qui continue de s’affirmer.

«Pour moi c’est une question de bon sens. Pourquoi gaspiller de l’argent et des ressources à acheter des cadeaux neufs avec lesquels mes enfants joueront trois mois ?», se demande Sonia, 40 ans, adepte de la seconde main depuis une dizaine d’années. La question est plus que légitime, à l’heure où les pénuries et l’inflation (+2,8% en novembre sur un an) gagnent du terrain. Preuve s’il en fallait que le marché de la seconde main explose, la plateforme leboncoin bien connue des revendeurs de cadeaux de Noël est dorénavant prise d’assaut pour s’approvisionner avant la date butoir. Si 66% des Français se disent prêts à recevoir un cadeau de seconde main selon ses chiffres, osent-ils vraiment en offrir ? Et surtout, à qui ?

Pour des raisons écologiques et économiques, Lorenzo privilégie lui aussi la seconde main. Sa sœur vient d’ailleurs de lui offrir pour Noël, avec un peu d’avance, une veste déjà portée qui lui a coûté 130 euros au lieu de 250 .«Même si nous avons pris du temps à trouver la référence exacte, je ne regrette absolument pas. Je n’ai encore jamais offert de cadeaux d’occasion mais je pourrais avec mes proches. Surtout les plus jeunes, qui ont des convictions similaires aux miennes ; peut-être moins avec ma mère», commente l’étudiant de 23 ans. Le degré de proximité et l’âge seraient des facteurs clefs. Ce que confirme Georges, la cinquantaine : «Tout dépend du type de cadeau, reconditionné de préférence, et de la personne qui l’offre. Si c’est quelqu’un que je connais peu, je pourrais me dire qu’elle est pingre. Et j’aurais du mal à porter des vêtements et des chaussures qui ont déjà servi pour une question d’hygiène». Il ajoute que la tendance est moins commune chez les plus âgés. Sa femme est, elle, plus catégorique : «Je trouve ça presque déplacé ! Il faudrait que ce soit un présent qu’on ne trouve plus en magasin ou qu’on chine depuis longtemps sans résultat».

Essor des jouets et des consoles

Alors que les jeux font partie des produits les plus normés, Sonia n’a aucune crainte. Elle se rend dans des bourses aux jouets pour scruter leur état. «Ma famille est grande : c’est le moyen que j’ai trouvé pour gâter tous les enfants. Avec un budget moitié moindre, je peux trouver de meilleurs cadeaux», estime-t-elle. L’élève aide-soignante concède cependant qu’elle n’achèterait pas un siège auto de seconde main par exemple : «la sécurité prime». Et pour un adulte, elle préfère les cadeaux immatériels du type concert, restaurant…

Entre Vinted, eBay, la marketplace de Facebook, leboncoin ou EasyCash, l’offre vintage est considérable. «Au mois de novembre, les annonces jeux/jouets et consoles ont respectivement bondi de 30% et de 50% sur un an. Pareil en ce qui concerne les livres. Et elles trouvent preneurs», précise Anne Quemin, directrice marque et communication chez leboncoin. Le même mois, 15 millions de visiteurs ont arpenté le site, c’est deux fois plus qu’en 2020, alors que les Français étaient confinés donc dans l’impossibilité d’aller en magasin faire leurs courses de Noël. «Une bonne partie de nos clients nous rejoignent par conviction plus que par souci d’économies. En revanche, c’est faux de dire qu’après Noël, les gens se ruent pour revendre leurs cadeaux : cela tient plus du mythe marketing», réagit le directeur général d’EasyCash Joris Escot.