Adieu Bébel, la gouaille et le panache à la française

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Enfant terrible, enfant chéri d’une France nostalgique : la nation pleurait cet après-midi aux Invalides celui qui s’était installé dans le patrimoine national. Jean-Paul Belmondo, monument du cinéma français, est décédé le 6 septembre 2021 à l’âge de 88 ans à Paris. A l’annonce de sa mort, la presse française mais également internationale a rendu hommage au magnétisme et au panache du comédien canaille et charismatique.

Après le conservatoire d’art dramatique, d’une génération mythique où il croisa Marielle, Rochefot, Françoise Fabian ou Claude Rich qui formèrent la joyeuse et talentueuse « bande du Conservatoire », Jean-Paul Belmondo joue au théâtre et décroche quelques petits rôles au cinéma. Mais c’est avec le réalisateur Jean-Luc Godard et son film À bout de souffle que sa carrière prend son envol. Immortalisé dans le rôle de Michel Poiccard, il incarne un voyou sympathique dans un film dont la liberté de ton révolutionne tout le cinéma français. Après le succès critique et public du film, Godard et Belmondo signeront deux autres films : « Une femme est une femme » et « Pierrot le fou ».

Sa carrière lancée, Jean-Paul Belmondo enchaîne les films, et déploie sa présence physique de boxeur, son goût pour les cascades et son jeu protéiforme, pour une liste de collaborations avec de grands réalisateurs longue comme le bras. Alternant cinéma d’art et essai et films populaires, il a su étoffer sa filmographie d’une impressionnante palette de rôles. Flamboyant et rebelle chez Philippe de Broca (« L’homme de Rio »), Louis Malle (« Le voleur »), Gérard Oury (« L’As des as ») ou encore Alain Resnais (« Stavisky »), il incarne également des rôles plus sombres chez Jean-Pierre Melville (Le Doulos) ou chez Claude Lelouch (Itinéraire d’un enfant gâté).

Si Jean-Paul Belmondo n’a pas tourné à l’étranger, il a cependant laissé une empreinte à l’international à travers des production françaises devenues cultes. Appréciées du public américain, ses performances ont inspiré de nombreux artistes. Admiré de Robert de Niro et Al Pacino, il influa jusqu’à Steven Spielberg qui emprunta quelques traits de « L’homme de Rio » pour personnifier Indiana Jones. Quentin Tarantino déclara : « On a tous espéré devant nos posters devenir Jean-Paul Belmondo ».

Un hommage national s’est tenu dans la cour d’honneur des Invalides. Pour la cérémonie, l’Élysée avait demandé a demandé à Thierry Ardisson de réaliser un montage d’extraits de films cultes dans lesquels l’acteur a joué. Les musiques d’Ennio Morricone pour « Le professionnel » et celle de Claude Bolling, pour « Borsalino », accompagnaient les meilleures scènes et les répliques cultes.

Tandis que la cour des Invalides était réservée aux proches et aux personnalités, le public pouvait s’installer sur les pelouses et assister à la cérémonie retransmise sur écran géant. Hélas, même en plein air, le pass sanitaire était exigé, et de nombreuses personnes, parfois venues de loin, n’ont pas pu rentrer. Cette exigence souvent jugée absurde n’a pas manqué de susciter la colère des admirateurs de l’acteur de « Pierrot le fou « et du « Doulos. » Certains n’hésitaient à dénoncer le caractère ségrégationniste d’une cérémonie dont ils pensent qu’elle n’aurait pas plu à l’acteur rebelle, irrévérencieux et frondeur.

Adieu donc, Monsieur Belmondo, ce fut « une joie » de vous avoir connu « et une souffrance » de vous voir partir.

Reportage aux Invalides cet après-midi :

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