Karl Marx n’avait que du mépris pour les communards

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Malgré la pandémie, le cent-cinquantième anniversaire de la Commune de Paris n’a pas manqué d’initiatives tendant à montrer « une fois de plus que, loin d’être morte, la Commune reste une source merveilleuse d’inspiration et de confiance pour toutes celles et tous ceux qui se réclament encore des valeurs de la ‘République démocratique et sociale’ », peut-on lire dans la presse bien-pensante. C’est oublier un peu vite ce qu’en pensait à l’époque un certain Karl Marx, qui reste un maître à penser pour une grande partie de l’intelligentsia française. L’auteur du Manifeste communiste et du Capital n’avait en fait que du mépris pour les chefs des communards. Même Victor Hugo figure sur la liste de ses têtes de Turc.

Le New York Herald avait envoyé à Londres, où Marx résidait, l’un de ses rédacteurs interviewer le chef de l’Internationale pour comprendre le rôle de cette dernière dans l’insurrection parisienne. Publié le 3 juillet 1871, l’entretien sera ensuite reproduit dans Le Gaulois. C’est de cette version en français dont nous faisons état ici.

« On a dit et écrit beaucoup d’absurdités sur les grands projets de révolte tramés par l’Internationale. Il n’y a pas là un mot de vrai », attaque d’emblée Marx. « Il est tout-à-fait faux de dire que les chefs de l’insurrection agissaient en vertu des ordres reçus du Comité central de l’Internationale de Londres. »

Marx reconnaît ensuite avoir donné l’ordre aux insurgés de « marcher sur Versailles », où se trouvait le gouvernement. « S’ils avaient fait cela, le succès était certain », assure-t-il.  « Ils ont perdu cette magnifique occasion par l’incapacité de leurs chefs et à partir de ce moment je prévis le résultat et j’en fis la prédiction à nos comités. »

Les chefs, les voici :

Gustave Flourens, nommé général par la Commune et chargé de sa défense ? « Ce n’était pas un général. C’était un républicain, un grand philanthrope, l’homme le plus bienveillant du monde, un grand savant ; mais il paraissait absolument fou quand il parlait politique, et il n’était pas plus capable de conduire une armée qu’un enfant de dix ans. »

Jules Bergeret, chargé de la défense de la Butte Montmartre ? « Il était complètement incapable. C’était un ambitieux qui n‘avait d’autre recommandation que sa violence. Je ne suis même pas sûr qu’il soit honnête ».

Louis Rossel, chef d’état-major de la Commune ? « C’était évidemment un homme très ambitieux, et, je crois, honnête [ …] Cependant il a fait des choses fort étranges », comme de dénoncer des camarades

Adolphe Assi, gouverneur de l’Hôtel de Ville de Paris ? « C’est un idiot, et je doute de son honnêteté. Beaucoup le regardent comme un mouchard, au service du gouvernement de Versailles. »

Napoléon La Cécilia, nommé général commandant de l’armée de la Commune ? « Je le regarde non seulement comme un âne, mais comme un traître. »

Felix Pyat, fondateur du journal communard Le Vengeur ? « Un grand déclamateur et un plus grand lâche encore ».

Henri Rochefort ? « Ce n’était qu’une espèce de bohème littéraire sans autre éducation que celle qu’il a ramassée dans les rues, un grand gamin et rien de plus. »

Victor Hugo, enfin ? « C’est sans contredit un grand poète, mais c’est un de ces hommes toujours prêts à épouser une cause qui plaît à leur imagination. On ne peut compter sur lui. »

 « Les Français ont besoin de recevoir une volée »

En fait Marx avait du mépris non pas seulement pour les malheureux acteurs de la Commune, mais pour les Français en général. Avant même le déclenchement de la guerre de 1870, il avait souhaité la victoire de la Prusse. Dans une lettre adressée à son grand ami Engels, le 20 juillet 1870, donc avant la défaite de Sedan, « Les Français ont besoin de recevoir une volée » proclamait-il noir sur blanc. « Si l’Allemagne l’emporte, ajoutait-il, le centre de gravité du mouvement ouvrier européen se déplacera de France en Allemagne, et il suffit de comparer le mouvement dans les deux pays de 1866 à nos jours pour voir que, du point de vue de la théorie et de l’organisation, la classe ouvrière allemande est supérieure à la française.»

La Commune, si elle avait réussi, aurait pu contrarier ce déplacement du centre de la Révolution vers l’Allemagne. Mais ces crétins de communards ont échoué. Et c’est donc bien l’Allemagne qui est promise à être dans l’œil du cyclone révolutionnaire, avec Marx comme guide suprême. On connaît la suite…

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