À 76 ans, il reproduit le coq de Notre-Dame de Paris dans l’espoir qu’il orne de nouveau la cathédrale

« Nous la rebâtirons tous ensemble », disait Emmanuel Macron. Le message a bien été entendu par Lino Carniato. Ornemaniste-métallier à la retraite, il a recréé sur mesure le coq qui autrefois trônait sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Lors de l’incendie du 15 avril 2019, l’œuvre est partiellement fondue par l’incendie.

Il aura fallu une année de travail à ce spécialiste du cuivre et du plomb pour reproduire cette œuvre d’un mètre de haut et de 28 kg en cuivre repoussé. Un défi que s’est imposé cet Italien d’origine pour prouver à ses enfants que la retraite ne l’avait pas transformé en « couillon », selon ses mots.

L’ancien patron de l’atelier de Saint-Félix-de-Villadeix, dans le Périgord, est néanmoins déçu par ce qui va suivre. Après avoir fini son œuvre, Lino Carniato envoie par lettre, une proposition que sa reproduction soit analysée afin d’être remise au-dessus de la cathédrale après sa rénovation. Pour cela, il s’est adressé à la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, au général responsable des travaux de reconstruction, le général Jean-Louis Georgelin, ou encore à l’architecte qui pilotait le chantier de Notre-Dame, Philippe Villeneuve.

Malgré les efforts consentis par l’artisan, ses lettres sont restées sans réponse de la part de ces trois acteurs. Lino Carniato n’est pas resté sans compensation ; la Chambre des métiers et de l’artisanat de la Dordogne a accepté d’exposer le coq reproduit. L’évènement a commencé le mardi 11 janvier dernier. Toute la semaine, les Colomniérois et les touristes ont pu se rendre dans l’institut situé à Coulounieix-Chamiers pour observer la sculpture de l’ornemaniste-métallier.

S’il ne désespère pas de voir son coq orner la cathédrale rebâtie, l’artisan a profité de l’instant en voyant le coq exposé : « Aujourd’hui, je suis juste content de pouvoir montrer mon travail et celui de Mme Scott, qui a réalisé la dorure », témoigne-t-il au quotidien régional Sud-Ouest. Sur le même média, la directrice territoriale de la Chambre des métiers et de l’artisanat de la Dordogne a exprimé l’admiration qu’elle porte à l’initiative du périgourdin : « nous trouvons l’initiative très belle et intéressante et je trouve formidable qu’on lance de tels projets dans le but d’aider à la restauration de Notre-Dame. »