Bercy envisage de relever le barème de l’indemnité kilométrique

Cette option, ciblée et moins coûteuse que les précédentes aides versées pour compenser la hausse de l’énergie, est privilégiée.

À la pompe, les prix atteignent des sommets. Le gazole, le SP98 et le SP95 s’affichent à des tarifs plus élevés que début 2020 avant la pandémie, ou qu’en décembre 2018 au plus fort de la crise des Gilets jaunes. Face à cette flambée des prix du carburant, Bruno Le Maire laisse entendre que de nouvelles mesures pourraient être prises par l’État pour aider les Français à régler leur plein.

Parmi les propositions évoquées, une option se dégage clairement. Contacté par Le Figaro, Bercy reconnaît qu’un relèvement du forfait kilométrique est privilégié et déjà à l’étude. Une piste que Matignon et surtout l’Élysée doivent encore valider dans les prochains jours. La décision devrait rapidement intervenir puisque le barème kilométrique est revu chaque année début février, qu’il soit maintenu ou modifié.

Concrètement, si le forfait kilométrique est rehaussé, les 2,5 millions de Français qui déclarent des frais professionnels réels dans leur déclaration de revenus pourront déclarer davantage de frais de carburant. Avec cette déduction fiscale plus importante, les Français concernés paieront alors moins d’impôts en compensation de la hausse du plein.

Aider ceux qui roulent pour aller travailler

En privilégiant la hausse du forfait kilométrique, Bercy fait le choix d’une mesure très ciblée et souhaite aider en priorité «ceux qui doivent prendre leur véhicule pour aller travailler», comme annoncé par Bruno Le Maire ce lundi sur Franceinfo. Dans l’entourage du ministre, on parle simplement d’un «geste» et pas d’une aide de grande ampleur comme l’indemnité inflation qui a coûté près de 3,8 milliards d’euros aux comptes publics. Bercy affirme d’ailleurs ne pas encore avoir chiffré le coût d’une hausse du forfait kilométrique mais vante une mesure raisonnable d’un point de vue financier.

«On ne peut pas faire de dépenses excessives. Entre le chèque énergie, l’indemnité inflation, le blocage du prix du gaz et la baisse des recettes sur la TICFE (taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité), l’État a déjà dépensé plus de 15 milliards d’euros pour contenir la hausse du prix de l’énergie», pointe un collaborateur de Bruno Le Maire pour justifier de ne pas recourir à d’autres mesures bien plus coûteuses pour l’État, comme la baisse des taxes sur le carburant.

Le gouvernement n’envisage non plus de demander aux entreprises de prendre davantage à leur charge les dépenses de carburant des salariés qui utilisent leur véhicule personnel pour venir travailler. Une suggestion faite par Valérie Pécresse à l’automne pour limiter la facture d’essence des Français. «Les entreprises subissent déjà la hausse du carburant dans leurs coûts. On ne va pas encore alourdir leur fardeau», rétorque-t-on à Bercy.