La galette des rois fait les frais d’Omicron

À cause de l’interdiction de rassemblements en entreprises, les ventes ont nettement baissé.

Omicron ne fait pas les affaires de la Galette des Rois. Refroidis par la propagation du virus, les Français ont bien moins fêté L’Épiphanie qu’avant la crise sanitaire. Selon l’Évangile de Saint Matthieu, la présentation de Jésus aux Rois Mages a eu lieu 12 jours après sa naissance, c’est-à-dire le 6 janvier. Mais on trouve désormais de la galette en rayons et dans certaines boulangeries, dès novembre. Et ce jusqu’à fin janvier.

« On n’a qu’une hâte, c’est que cette saison se termine», lance Stéphane Louvard, boulanger et restaurateur parisien reconnu pour ses galettes à la frangipane, parmi les meilleures d’Ile-de-France. Dans sa boutique du 9e arrondissement – un quartier d’affaires en manque de fréquentation à cause du télétravail —, l’ambiance n’est pas à tirer les rois. « Depuis l’instauration des tests payants pour les non-vaccinés, les clients ne sont pas là», déplore l’artisan. Jeudi 6 janvier, soit le jour de l’Épiphane, il n’a écoulé qu’un tiers des 1000 galettes qu’il vend normalement le Jour J.

Annulations

Entre un calendrier peu propice (le premier dimanche de janvier tombant le 2, les Français étaient peu enclins à enchaîner une gourmandise copieuse le lendemain du réveillon) et des restrictions sanitaires limitant les galettes en collectivités (entreprises, associations, amicales…), les ventes de galettes en France, ont nettement baissé cette année. «À cause de l’annulation des vœux en entreprises, on peut estimer qu’il s’en est vendu 10 à 15% de moins qu’il y a deux ans», avance Dominique Anract. Le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française, également propriétaire de plusieurs boulangeries parisiennes a vu s’annuler deux galettes de cent personnes, sur les trois qu’on lui avait commandées. À cause des jauges imposées, ses clients de La Défense, des Halles et d’autres arrondissements de bureaux dans Paris, ont dû renoncer à leurs cérémonies.

Chez Système U, il s’est vendu autant de galettes que l’année dernière, qui avait déjà été perturbée par le Covid. «Honorable, étant donné le contexte», estime le porte-parole de l’enseigne.

Flambée des prix du beurre

Près de 50% des 30 millions de galettes vendues chaque année (avant le Covid) sont achetées chez les artisans, selon la Fédération des industriels de la boulangerie. Le reste étant écoulé pour un tiers en grandes surfaces et, pour 20% fait à la maison.

Il est encore trop tôt pour établir un bilan définitif. L’an dernier, il avait été moins mauvais que prévu: le peu de commandes des entreprises avait presque compensé par les galettes entre amis et à la maison. « Au lieu d’en faire une grande, les gens en avaient fait deux ou trois en plus petit comité », se souvient Dominique Anract. C’est moins le cas cette année.

Pour les professionnels (boulangers, supermarchés…), la déception est d’autant plus grande que la galette est l’un des gâteaux leur garantissent leurs meilleures marges. Cette année, ils sont doublement perdants: en plus d’en vendre moins, la flambée des prix du beurre pèse comme jamais sur la rentabilité.