Combien représente le carburant dans le prix d’un billet d’avion?

Alors que le prix du pétrole s’établit à un niveau très élevé, l’achat du carburant représente plus que jamais le premier poste de coûts des compagnies aériennes.

Porté d’abord par la reprise mondiale puis par l’attaque russe de l’Ukraine, le prix du pétrole s’établit à un niveau élevé. Ce lundi 21 mars, il se vendait autour de 114 dollars. Il en est forcément de même pour le carburant d’aviation dont le prix a augmenté de 108,7% depuis un an, d’après les données de l’Association du transport aérien international, pour s’établir à 140 dollars le baril. Une hausse qui a d’ores et déjà un impact sur le prix de certains billets d’avion.

« Nous avons augmenté le prix des billets depuis le 17 mars 2022, sur les vols long-courriers, notamment en répercussion de la hausse des prix des carburants», indique un porte-parole d’Air France-KLM. Ce «montant varie selon la destination et l’offre de voyage». Le carburant représente effectivement une part non négligeable dans le prix d’un billet d’avion. « 35% pour un billet d’une compagnie aérienne low-cost et environ 18% pour une entreprise traditionnelle. Cet écart est causé par une grande quantité de dépenses plus importantes du côté des compagnies traditionnelles tels des coûts marketing, un service après-vente ou encore la nourriture à bord qui sont également intégrés dans le prix du billet », explique Xavier Tytelman, spécialiste de l’aéronautique au sein du cabinet de conseil Starburst.

Le carburant, premier poste de coûts

L’achat du carburant reste donc plus que jamais le premier poste de coûts des compagnies aériennes. En conséquence, Xavier Tytelman table sur une augmentation des prix des billets, en moyen-courrier comme en long courrier, aux alentours de 5%, mais majoritairement du côté des sociétés traditionnelles et non low-costs.

Mais les compagnies aériennes low-costs sont sorties plus rapidement de la crise, car elles ont clientèle de loisirs qui est revenue plus vite.  Elles disposent donc de plus de marges de manœuvre pour relancer une guerre des prix sur les billets d’avion, en dépit de la hausse du prix des carburants. « Dans cette logique, des compagnies seront même prêtes à ne pas faire payer l’intégralité du coût du carburant aux consommateurs sur certains billets », affirme Xavier Tytelman.

Par ailleurs,les compagnies traditionnelles et de plus en plus de « low-cost » ont recours à un système dit de « couverture » pour le prix du carburant : elles s’engagent à l’avance à acheter une quantité de carburant à un certain prix. « Ces entreprises ont, par exemple, acheté en 2021 et au prix du cours de 2021 le carburant qu’elles utilisent actuellement. Elles augmentent donc les prix aujourd’hui non pas pour financer leur carburant actuel mais pour celui qu’elles exploiteront l’année prochaine », détaille Xavier Tytelman, spécialiste de l’aéronautique. Une stratégie effectivement confirmée par Air France-KLM : «pour le premier trimestre de 2022, nous avons déjà acheté 72% de notre consommation de carburant nécessaire, et pour le deuxième trimestre, nous sommes à 63% de couverture. Celle-ci augmente progressivement sur l’année, ce qui veut dire que nous n’avons que 28% de notre besoin en carburant qui n’est pas couvert», a détaillé son porte-parole.