Les professionnels de la boulangerie s’engagent à réduire la teneur en sel du pain

Les acteurs de la filière ont signé un accord avec les ministères de la Santé et de l’Agriculture pour limiter la quantité de sel dans le pain, reconnue comme un enjeu de santé publique.

Diminuer de 10% la quantité de sel présente dans le pain en moins de quatre ans. Tel est l’objectif que se sont assignés les professionnels de la boulangerie à travers un accord signé la semaine dernière avec les directions générales de la Santé et de l’Alimentation à l’occasion du Salon de l’Agriculture. La fédération du Commerce et de la Distribution, Intermarché, Leclerc se sont eux aussi associés à cet engagement collectif à horizon 2025.

Concrètement, la filière boulangerie promet de respecter des seuils maximaux de teneur en sel dans ses pains dès cette année. Puis ces seuils seront graduellement abaissés jusqu’en 2025 pour atteindre l’objectif d’une baisse générale de 10% de la quantité de sel dans le pain artisanal et industriel.

«On échange avec l’État sur la question du sel dans nos produits depuis plus de dix ans. Là, on est parvenus à un compromis avec L’État qui n’encadre pas encore la quantité de sel dans le pain par une loi. Mais c’est à nous de diminuer progressivement les quantités. Cela va nous permettre de rassurer nos clients et montrer que nos pains sont sains», explique le président de la Confédération nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française (CNBPF) Dominique Anract.

Enjeu de santé publique

Le représentant reconnaît la difficulté «d’homogénéiser les pratiques des 33.000 boulangers artisanaux français», en plus des fabricants industriels. La teneur en sel du pain sera ainsi contrôlée régulièrement dans les années à venir par les autorités. Si l’accord n’atteint pas ses objectifs, une loi sur la teneur en sel risque de voir le jour selon le président de la CNBPF.

Le pain représente «20% de l’apport en sel quotidien des Français» rappelle le communiqué du gouvernement qui salue l’accord et en fait «un objectif de santé publique» pour «faire baisser la tension artérielle et le risque de maladie cardiovasculaire, d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus du myocarde». La France a ainsi pris l’engagement auprès de l’Organisation mondiale de la Santé de faire baisser de 30% la consommation de sel dans sa population d’ici à 2025.