Trier ses déchets, un geste pas encore automatique pour les Français

À l’occasion de la journée mondiale du recyclage, particuliers, associations, ou encore grands groupes comme Suez ont multiplié les messages d’incitation.

Le tri des déchets est l’un des gestes les plus identifiés et pratiqués par les Français pour œuvrer en faveur de l’écologie. Dès le plus jeune âge, les enfants sont éduqués pour répondre aux besoins environnementaux et à pratiquer des gestes simples. À l’occasion de la journée mondiale du recyclage, Citeo, une entreprise spécialisée dans le recyclage des emballages ménagers, alerte sur le besoin vital de trier et recycler ses déchets. Car selon elle, «3 Français sur 4 continueraient d’exprimer des doutes sur la bonne façon de trier leurs emballages et leurs papiers», ce qui pourrait, à terme, les décourager.

Cette journée mondiale est donc censée sensibiliser et mobiliser les esprits autour d’une initiative capitale : le recyclage des déchets. Particuliers sur les réseaux sociaux, associations, ou encore grands groupes comme Suez, tous y sont allés de leur message d’incitation.

Des disparités selon les régions

Aujourd’hui, environ 70% des emballages ménagers seraient recyclés. Cependant, de grandes disparités subsistent en fonction des matériaux (90% pour le verre, 48% pour l’aluminium, ou encore 30% pour le plastique) qui peuvent s’expliquer par le message adressé aux Français au début des grandes campagnes de recyclage : «En 1992, on a démarré en demandant aux Français de ne trier que les bouteilles et flacons dans les bacs de tri», explique Jean Hornain, directeur général de Citeo. «Pour les autres emballages, il a fallu attendre que les capacités de recyclage se développent», ajoute-t-il. Des habitudes qui se sont, de fait, mises en place avec le temps dans les ménages français et qui empêchent toujours le bon recyclage des matériaux les plus polluants.

Des disparités s’observent aussi en fonction des régions, les Bretons, par exemple, recyclent en moyenne plus de 100kg de déchets par an, contre seulement 35 à 40kg pour les habitants des grandes villes. Un travail de fond donc, qui permettrait d’atteindre l’objectif suprême des grandes entreprises de recyclage : assurer la recyclabilité de 100% des produits. Cela passera, selon Jean Hornain, par de l’éco-conception, la simplification du geste de tri à tous les niveaux, et le développement de filières de recyclage.

Simplifier le processus de tri

Depuis plusieurs années, le mot d’ordre des grands acteurs du recyclage est à la simplification. Plutôt que d’«embrouiller» les ménages avec des couleurs différentes de bac, des actions différentes en fonction du matériau, ils suggèrent désormais de prendre le processus de tri à leur compte, notamment sur les déchets plastiques, pour éviter la confusion dans les ménages. L’enjeu étant de permettre aux particuliers de verser leurs emballages plastiques dans le bac de tri sans se demander la couleur du bac dans lequel ils doivent les mettre. «Derrière, on modernise nos centres de tri pour pouvoir capter toutes ces nouvelles résines», rajoute Jean Hornain. Un processus de modernisation qui, selon lui, devrait voir le jour fin 2023, couplé à une harmonisation des gestes du quotidien.

Une simplification pour les Français certes, mais pourquoi pas des incitations au recyclage ? «Il faut trouver de nouveaux leviers d’incitations», propose encore le directeur de l’entreprise de recyclage d’emballages ménagers, pariant sur un système de tarification incitative : «Vous payez vos ordures ménagères en fonction du nombre de fois où vous sortez votre poubelle. Cela permet alors de mieux gérer ses déchets et cela incite à faire cet effort», précise-t-il. En parallèle de cette simplification, l’enjeu est aussi -et surtout- de pouvoir instaurer des habitudes et des réflexes chez tous les ménages. «Il faut arriver à ce que le geste de tri devienne un vrai réflexe dans la vie quotidienne, une tendance», rapporte le directeur général de Citeo. Car même si 89% des Français déclarent faire le tri, seulement 50% précisent qu’ils le font tous les jours, et où qu’ils soient. Un travail de fond reste donc encore à faire, mais très bien parti selon Jean Hornain : «Il ne faut pas oublier qu’il y a 30 ans, nous avions encore des décharges à ciel ouvert», plaisante-t-il.