Fin des emballages plastiques pour la plupart des fruits et légumes à partir de ce 1er janvier

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Certains produits doivent désormais être vendus en vrac, dans des barquettes en carton ou des filets, selon la loi. Une contrainte et un défi.

Tant bien que mal, les acteurs de la filière des fruits et légumes se sont préparés à la fin des emballages en plastique sur les lieux de vente pour le 1er janvier 2022. À cette date, toute une série de produits listés dans un décret du 10 octobre dernier, comme les poireaux, courgettes, carottes ou tomates rondes, doivent être commercialisés soit en vrac, soit dans un emballage alternatif aux polymères. D’autres, comme l’endive, auront des dérogations jusqu’en 2024.

Du côté des fruits, cela affecte notamment les pommes, poires, bananes, oranges et clémentines. Les fruits rouges, plus fragiles, seront exempts de cette obligation jusqu’en 2026. L’objectif du législateur est double. La loi climat et résilience a pour objectif que 20 % des produits en grandes et moyennes surfaces (GMS) soient vendus en vrac à l’horizon 2030, contre 1 à 3 % aujourd’hui, afin de limiter le gaspillage. Par ailleurs, cela doit réduire la pollution en diminuant la production de polymères.

De bonnes intentions que partage la profession. Mais la mise en pratique demande du temps. «Les fabricants d’emballage sont dans l’urgence. Ils ont eu peu de temps pour s’adapter, regrette Daniel Sauvaitre, secrétaire général de l’interprofession des fruits et légumes (Interfel). La quasi-totalité a investi lourdement dans des barquettes cartons pour se substituer au plastique. Ils sont inquiets car le carton a pris une très forte augmentation ces derniers temps avec l’explosion du commerce en ligne. Ils rencontrent des problèmes de disponibilité. Par ailleurs, le plastique avait un rôle important pour la conservation des fruits et légumes. Il permettait en outre au client de voir ce qu’il achetait. Je ne suis pas certain qu’il ait le même engouement pour des produits sous carton.»

Dans les rayons, les freins psychologiques existent bien mais cela dépend des produits. «Nous avons arrêté de vendre les carottes bio sous emballages en carton car elles ne se vendaient plus, constate le gérant d’un supermarché à Paris. Lorsqu’elles étaient commercialisées sous sachet plastique transparent, nous ne rencontrions pas ce type de problème. En revanche, les quatre pommes bio dans un étui cartonné ajouré partent très bien, autant que sous plastique, voire mieux. C’est incompréhensible. On s’adapte à la législation. On n’a pas le choix.»

À VOIR AUSSI – Les usines de carton tournent à plein régime pour produire les nouveaux emballages recyclables pour fruits et légumes

Des gommettes biodégradables

Certains producteurs associés à de grandes enseignes font preuve de pédagogie vis-à-vis du client. «Nous testons depuis plusieurs mois la barquette carton avec Carrefour pour commercialiser nos tomates cerises allongées, confie Nicolas Calo, directeur de la communication d’Azura, producteur de tomates cocktails. Nous avertissons le consommateur par une étiquette que nos tomates sont les mêmes que celles vendues sous plastique. L’impact pour la réduction de polymères est énorme, nous vendons 100.000 tonnes de tomates en Europe. Depuis 2019, nous avons déjà diminué de 400 tonnes notre consommation de plastique, soit l’équivalent de 10 millions de bouteilles minérales.»

Autres problèmes rencontrés: la gommette collée sur le fruit ou le légume indiquant sa variété, comme la pomme bio Juliette, devra être biodégradable ou ne pourra plus figurer sur le produit en 2022. «Technologiquement, on ne sait pas faire et on ne sera pas prêt pour le 1er janvier prochain, assure Daniel Sauvaitre, également président de l’Association nationale pommes poires. Nous notons une distorsion avec nos concurrents européens qui ne seront pas soumis aux mêmes obligations que nous.» Avec d’autres acteurs de la filière, il a déposé un recours auprès du Conseil d’État pour contester cette «distorsion» du marché européen. Reste que la filière aura six mois pour écouler ses stocks vendus sous plastique.

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